Reprendre le fil...
Pendant quelques mois, j’ai compté les jours. Les jours avant de rencontrer mon bébé.
Puis les jours avant de pouvoir retrouver mon atelier. J’avais tellement hâte.
Hâte de retrouver mes aiguilles, mes fils, mes tissus. Hâte de créer à nouveau, de reprendre mes projets, de remettre les mains dans la matière.
Et puis, quelque part en chemin, j’ai arrêté de compter.
J’ai simplement profité de mon bébé.
Parce que ces quelques mois de pause étaient aussi une première dans ma vie professionnelle : la première fois de ma carrière où je me suis vraiment arrêtée.
Pas quelques jours entre deux projets. Pas une semaine de vacances avec un œil sur mes mails. Pas un « je prends quand même mon ordinateur au cas où ».
Non. Une vraie pause.
Et finalement, cette pause n’a pas été vide. Bien au contraire.
J’ai engrangé des idées, des inspirations, des envies, des couleurs, des motifs. Des projets que je n’ai pas encore réalisés mais que j’ai déjà imaginés cent fois dans ma tête.
J’ai pris des photos pendant mes longues balades en poussette. Des façades, des fleurs, des détails, des couleurs croisées au hasard d’une rue. J’ai regardé les choses différemment.
Bref, je n’ai pas brodé pendant plusieurs mois… mais mon cerveau, lui, n’a jamais vraiment arrêté de créer.
Et aujourd’hui, je reviens. Avec quelques cernes sous les yeux, soyons honnêtes. Avec un peu plus de charge mentale aussi.
Parce qu’il y a désormais tout un tas de questions qui tournent en boucle dans ma tête :
À quelle heure elle a mangé ?Est-ce qu’elle a bien dormi ?Est-ce qu’elle a fait caca aujourd’hui ? Pourquoi elle pleure ? Est-ce qu’elle va bien ?
Un merveilleux petit bruit de fond permanent.
Une partie de moi voudrait profiter encore de chaque minute avec elle.
Et une autre partie de moi a terriblement besoin de retrouver autre chose.
De créer.
De faire avec mes mains. De réfléchir à autre chose. De nourrir mon cerveau autrement que par des biberons, des couches, des siestes et des comptines.
J’ai besoin d’être à nouveau stimulée.
Et je crois que je commence à comprendre qu’il n’y a aucune contradiction là-dedans.
Je peux aimer être avec mon bébé et avoir envie de travailler.
Je peux avoir le cœur serré en la laissant et être heureuse de retrouver mon atelier.
Je peux être une maman complètement gaga et avoir envie de penser à autre chose pendant quelques heures.
Les deux peuvent exister en même temps.
Et puis, cette rentrée ne ressemble pas exactement à celle d’avant parce que beaucoup de choses ont changé. J’ai un nouvel atelier, installé directement dans mon nouveau chez moi, dans une nouvelle ville, toujours tout près d’Angers.
Mon organisation va changer. Mes horaires aussi.
Fini les devis envoyés à 21h, les commandes terminées tard le soir et les « allez, encore juste une petite heure dans l’atelier ».
J’ai aussi envie de profiter de ma famille.
De fermer la porte de l’atelier à une heure raisonnable et de passer à autre chose.
De faire une vraie différence entre mon travail et ma vie personnelle.
Tout a changé.
Et pourtant…rien n’a vraiment changé dans ma tête.
J’ai toujours cette envie viscérale de créer.
J’ai toujours envie de transmettre.
De partager.
De faire de la broderie un terrain de jeu.
Alors voilà.
J’ai dépoussiéré Palmito. Mes fils sont rangés par couleur. Les aiguilles sont prêtes. Les idées se bousculent. Et moi, je me sens à nouveau prête à reprendre mes aiguilles.
Cette rentrée sera différente.
Plus douce, j’espère.
Un peu moins dans la course. Avec moins d’heures, mais peut-être plus d’envie.
Avec un bébé dans ma vie, un atelier dans ma maison et plein de projets dans la tête.
Je ne sais pas encore exactement à quoi cette nouvelle organisation va ressembler.
Mais je sais une chose :
la rentrée est là... et ça va swinguer. 🧵✨
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